Fédérale 3 : après le succès à Givors (26-44), la qualification pour les phases finales est en poche



Cette fois-ci , c’est Matthieu Llari qui prend la parole, avant l’avant-dernier-match de la saison régulière qui se déroule ce dimanche après-midi à Givors. Le coach des lignes arrières du RCAB a évolué dans les rangs givordins lorsqu’il était joueur et il sait à quel point cette équipe saura faire preuve d’orgueil pour sa dernière sortie à domicile de la saison.
Matthieu, comment fait-on pour passer à autre chose après une aussi lourde défaite que celle concédée au Puy le week-end dernier ?
Il a fallu la digérer, on n’a pas le choix. Dans le sport en général, il faut accepter de tomber sur meilleur que soi parfois. Cela a été le cas, au moins pendant quarante minutes. L’idée, c’est d’avoir une réaction le match suivant. C’est un accident de parcours que toutes les équipes ont connu cette saison. Le Puy l’a vécu contre nous au match aller, ça peut arriver à tout le monde. Mercredi, nous avons revu certaines phases de match avec les joueurs. On a manqué de tout en première mi-temps notamment, dans le combat, l’agressivité, l’envie.
Après avoir affronté le premier de la poule, vous voilà à vous mesurer à l’avant-dernier du classement. Passer d’une extrême à l’autre, ce n’est pas simple.
C’est toujours compliqué d’aller jouer chez une équipe du bas de tableau, a fortiori en fin de saison. On ne connaît pas leur état d’esprit. Givors a vécu une saison galère et je suis persuadé qu’ils vont vouloir faire plaisir à leur public à l’occasion de ce dernier match à domicile de la saison. Ils ont envie de finir sur une bonne note, quoi de mieux qu’un derby pour trouver la motivation. S’il peuvent nous faire ch…., ils ne vont pas s’en priver. Intrinsèquement, on est au-dessus si on se fie au classement. Après, c’est à démontrer sur le terrain. On a notre destin entre les mains. Le plus difficile est de gérer les corps et les esprits car il y a de la fatigue. Mais les gars doivent avoir en tête qu’on peut écrire une page de l’histoire qui n’est jamais aller en phases finales dans ce championnat. Il y a une grosse récompense au bout de cette saison. Elle peut rester dans les annales.
Parmi les seize poules de Fédérale 3, la vôtre est sans doute la plus serrée à deux journées de la fin...
(il coupe) On l’avait annoncé ! On vous avait dit qu’il n’y avait pas de petites équipes et même si Givors et le Rhône Sportif ont assez vite décroché, c’est une poule de malades ! Il y a huit équipes qui se battent week-end après week-end depuis le début de la saison pour les quatre, voire cinq places qualificatives, c’est énorme. Saint-Savin a été un peu en dessous mais se qualifier dans cette poule, ce serait un exploit tout court et un moment historique pour le club !

Au sein du groupe senior du RCAB, outre les entraîneurs et les joueurs, un certain nombre de chevilles ouvrières s’activent week-end après week-end pour permettre le bon déroulement des rencontres. Ce qui nécessite une préparation en amont que l’on ne soupçonne pas forcément. Nous avons décidé de vous les faire découvrir en commençant par la partie administrative, domaine qui est dévolu depuis 2020 à Loïc Devis. Ses états de service au sein du club ont été multiples et variés, de joueur à éducateur en passant par responsable de l’école de rugby. (voir ci-dessous). Un investissement de longue haleine, qui forcément a impacté sa vie de famille et l’a donc amené à vouloir changer un peu son fusil d’épaule, même si ce nouveau rôle lui impose d'être présent les soirs d'entraînement ainsi que les week-ends de matches. Sur proposition du président Eric Trouillet, désireux de soulager les coaches de ces tâches fastidieuses, « Lolo » a donc endossé cette nouvelle fonction de responsable administratif du groupe senior. Une manière pour lui de « rester dans le club et proche du terrain ». Accepter cette nouvelle mission, « c’était rester proche du jeu, des joueurs » d’un environnement qu’il aime et connaît bien. Il nous en livre le contenu : « Je m’occupe d’abord en pré-saison de récupérer tous les documents pour faire établir les licences des joueurs » Et ce n’est pas une mince affaire !

Ensuite, lorsque le championnat commence, débute un rituel bien établi : « Dès le début de semaine, je commande les bus lorsque nous avons des déplacements de prévu. Je vois ça avec les coaches, pour les garçons et les filles, afin de connaître les horaires de départ qu’ils souhaitent. J’en profite pour appeler aussi les clubs qui nous accueillent pour qu’ils me communiquent les coordonnées de leurs restaurants partenaires. C’est un échange de bons procédés qui nous donnent des garanties sur la qualité de la restauration et de l’accueil. » Ceci étant fait, « Lolo » se mue dans un rôle de contrôleur, cochant sur un listing les joueurs présents aux deux entraînements obligatoires des mercredis et vendredis. Dès 19 heures, il arpente le couloir des vestiaires de Baudras, à l’affût, stylo en mains, saluant les uns et les autres, un petit mot pour tout le monde, dissertant sur le match à venir. Avant de cocher les cases en bout de ligne. Ce contrôle permet de quantifier l’assiduité aux entraînements de la bonne soixantaine de licenciés du groupe senior. Présence qui au passage a été remarquable malgré le Covid, les impondérables, les blessures…Et voilà qu’une fin de semaine chargée se profile avec l’avant-match et les deux matches du dimanche après-midi. Un avant-match rempli d’obligations « protocolaires: invitations téléphoniques aux arbitres et aux délégués, aux dirigeants adverses afin qu’ils viennent partager l’immuable repas d’avant-match lorsque la rencontre a lieu à domicile : « C’est une manière de nouer un contact amical et de les renseigner si besoin » nous indique Loïc. Il est là pour les accueillir à Baudras le dimanche, avec d’autres dirigeants, Phillippe Bouchand, le président Eric Trouillet, Laurent Faure, responsable de la sécurité, parfois aussi Samir Zeboudji, sans oublier le désormais regretté David Richard. Vient ensuite le moment le plus délicat, demandant concentration et vitesse d’exécution, surtout depuis que les tablettes ont remplacé les feuilles de match papier, que les données de la rencontre sont répertoriées en instantané pour être mises en ligne sur le site de la FFR. Mais il y a un préalable à organiser en interne : « Tout d’abord, les coaches me fournissent leurs compos d’équipes, ce qui me permet de réunir les licences et de les mettre dans l’ordre. J’entre ensuite en contact avec les arbitres, les délégués des matches car je dois gérer les deux rencontres, celle de la réserve où il faut noter les changements de joueurs, les cartons, les essais, les pénalités, les transformations. Pour la Une, c’est le rôle du référent fédéral d’assumer cette mission, même si parfois, il nous demande de le suppléer. Dès le coup de sifflet final, on vérifie nos informations respectives avec les arbitres avant de valider toutes les infos sur le site de la FFR. Je peux être amené entre autres à déposer une réclamation si un joueur adverse a doublé au-delà du match et demi permis (un joueur peut être aligné en réserve puis en équipe première mais son temps de jeu ne doit pas dépasser trois mi-temps lors d’une même journée). Mais cela n’est jamais arrivé. »
Loïc Devis a aussi un devoir de réserve qu’il respecte à la lettre : « Je dois garder de la retenue. L’arbitre commet des erreurs comme les joueurs, on doit l’accepter. Car sans arbitre, pas de jeu.» Mais là où il prend le plus de plaisir, c’est au bord du terrain où il vit le match de près et dans son rapport avec les coaches avec qui il échange au retour des matches, en sirotant une petite bière lorsque la victoire a souri au RCAB : « Je leur donne mon avis de « petit » joueur. C’est pour moi une autre manière de vivre le rugby, sans jouer. » Un travail capital apprécié par Clément Vidal: "Son travail nous soulage et on a l'esprit libre, juste à penser au terrain. On sait que tout sera bien fait." Désormais, il n’y a plus qu’à espérer une conclusion heureuse à une saison emballante : « Ce n’est pas fini mais je pense qu’on a les moyens de jouer les phases finales. On aura fait une bien belle saison si les deux équipes seniors se qualifient. Ce serait historique. » Une histoire à laquelle ce maillon indispensable de la chaîne apporte une contribution précieuse, dans l’ombre. Avec sérieux, compétence et enthousiasme.
Un Lolo multi-fonctions

Les terrains de rugby, Loïc Devis a commencé à les fréquenter tout jeune, à Mably, dans le Roannais, avant de rejoindre le RCAB « juste après la Coupe du monde 2007 » pour y faire découvrir à son fils ainé, Youenn, les rudiments du ballon ovale. De fil en aiguille, de saison en saison surtout, il a revêtu le maillot de joueur « première barre » précise t-il fièrement au sein de l’équipe senior qui venait d’être créée, puis d’éducateur avant de prendre en mains l’école de rugby, dont il a contribué à la structuration en menant à bien, entre autres, les deux dossiers de labellisation. Puis, suivant le parcours de son fiston, il est devenu coach dans différentes catégories de jeunes des U9 jusqu’aux U19 « une belle génération » dont quelques-uns font aujourd’hui le bonheur du groupe senior, pendant que Victor Guillaumond fait les beaux jours du FC Grenoble en Pro D2. Mais le besoin de souffler et de vivre sa passion rugbystique autrement s’est peu à peu fait jour. Et, avec la bénédiction de son épouse Fabienne, connaisseuse et passionnée de rugby, il a pris un nouveau cap.


Le RCAB à l'honneur sur TL7

A trois journées de la fin de la première phase du championnat, le RCAB et le CO Le Puy vont donc se retrouver dimanche. Quelle approche faites-vous de ce match forcément particulier. C’est un derby entre les deux premiers de la poule, fait rare dans l'historique des confrontations entre les deux clubs ?
Pour nous, l’idée c’est de montrer un beau visage avant tout. De montrer aussi que cette première place au classement n’est pas volée, ni galvaudée. J’attends de mes joueurs qu’ils fassent preuve d’amour-propre. Vu nos objectifs, ce match-là n’est pas primordial. On peut perdre, mais en y mettant la manière. Il n’est pas question d’être démobilisé. On n’est pas la meilleure attaque de la poule pour rien. D’autre part, on a montré lors des deux derniers matches contre l’ASSMIDA puis Les Vallons de La Tour, qui ont été très durs, qu’on savait se faire mal. Bien que nous n’ayons pas eu beaucoup de possession, on a essayé de faire valoir notre potentiel offensif,. On a envie de montrer ce dont on est capables.

L’ambiance promet d’être chaude à Lafayette mais ce fut aussi le cas à La Tour du Pin le week-end dernier ?
Ce sera un beau derby, il va faire beau, il y aura du public. On est attendus, on le sait. Même s’il y a un respect mutuel entre les deux équipes, il y aura forcément un sentiment de revanche par rapport au match aller. Notre adversaire n’avait pas pris de point ce jour-là et ça ne leur est pas arrivé cette saison il me semble. En toute logique, ils vont vouloir affirmer leur statut de favori de la poule. Je pense qu’ils ont à la fois l’intention et les moyens de finir en tête, ce qui leur offrirait un tirage plus favorable pour les phases finales. A moins d’un exploit de notre part. Mais si on peut faire un hold-up, on ne s’en privera pas. C’est le match bonus par excellence.
Pourquoi le COP est selon vous l’équipe la plus complète de la poule ?
Parce qu’elle sait resserrer le jeu quand il le faut et mettre du volume lorsque l’occasion se présente. Leur numéro 12, c’est une machine, un sacré joueur! Et puis leur ouvreur, Kötze, sait parfaitement gérer les temps faibles et les temps forts de cette équipe. Il la soulage avec son énorme jeu au pied.


Encore une bonne nouvelle concernant l'organisation de la Coupe du Monde de Rugby 2023 à Saint-Étienne et dans sa Métropole : l'équipe nationale d'Australie, double championne du monde en 1991 et 1999, a choisi d'établir son camp de base au stade Roger Baudras à AndrézieuxBouthéon. Claude Atcher, Directeur Général de France 2023 après l'avoir annoncé ce week-end à Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole, et à François Driol, Maire d'Andrézieux-Bouthéon, vient de rendre publique l'information.
Pour Gaël Perdriau : « Nous sommes très fiers et heureux, avec François Driol, que l'équipe de rugby d'Australie ait retenu notre candidature pour établir son camp de base sur le territoire métropolitain, à Andrézieux-Bouthéon, durant toute la première phase de la Coupe du Monde de rugby qui se déroulera en France. Les Wallabies joueront d'ailleurs deux matchs à GeoffroyGuichard, les 17 septembre et 1er octobre. Notre dossier construit minutieusement avec professionnalisme et enthousiasme, porté à la fois par Saint-Étienne Métropole et Andrézieux-Bouthéon, additionnant ainsi nos forces, a séduit l'encadrement des Wallabies, doubles champions du monde en 1991 et en 1999, finalistes en 2003 et 2015, incontestablement l'une des meilleures équipes de la planète rugby. En outre la sélection australienne séjournera à Saint-Galmier. C'est une belle reconnaissance de l'attractivité de notre territoire et cela démontre une nouvelle fois, son savoir-faire et sa capacité à attirer et accueillir dans d'excellentes conditions les plus grands événements internationaux et les plus grandes équipes sportives du monde. C'est aussi une excellente nouvelle en termes de visibilité, d'attractivité, d'image qui augure d'ores et déjà de belles retombées économiques, commerciales, médiatiques et touristiques. En effet, il a été estimé à quelque 600 000, le nombre de visiteurs étrangers qui rejoindront la France pour assister à la compétition avec une durée moyenne de séjour, en 2019, de 17 jours. C'est aussi ça le miracle et la beauté du sport qui permet de rapprocher les peuples dans un esprit de fraternité, valeur à laquelle nous sommes, plus que jamais, fortement attachés ».
Pour Claude Atcher : « L’Australie sera comme chez elle à Saint-Étienne ! Je me félicite du choix de la délégation des Wallabies, qui pourra préparer dans des conditions optimales sa Coupe du Monde de Rugby en 2023, et notamment les deux matchs qu’elle disputera au Stade GeoffroyGuichard, dans une ambiance qui promet d’être grandiose. Sur cette terre de sport, les Australiens pourront compter avec bonheur sur la ferveur et le sens de l’hospitalité du peuple stéphanois. Cette rencontre inédite entre l’Australie et Saint-Étienne célébrera la fraternité du rugby ! »

Jamais deux sans trois ? A dire vrai, il paraît peu probable que le match retour contre Les Vallons de La Tour, reporté à deux reprises, d’abord en raison de cas de Covid au sein de l’effectif du RCAB puis à cause d’intempéries qui seraient survenus en Isère et ont empêché le match de se dérouler une deuxième fois, soit cette fois-ci remis à plus tard. Tant mieux car ces deux reports n’ont pas été simples à gérer, empêchant une dynamique de s’installer vraiment depuis le début de l’année 2022. Malgré ces péripéties, le RCAB est plus que jamais en course pour les qualifications aux phase finales. Troisièmes à un point de leur adversaire du jour, deuxième au classement, les joueurs du duo Clément Vidal-Matthieu Llari ont un bon coup à jouer ce dimanche après-midi. « C’est un match bonus. On n’a rien à perdre. Si on fait un exploit là-bas, ça nous mettra très bien au classement et si on perd on aura encore notre destin entre les mains ». C’est ainsi que "Mazam" (le surnom de Clément Vidal) présente ce nouveau défi auquel s’ajoute une pincée d’esprit de revanche, que le match aller, manqué, a provoqué : « Oui, à l’aller, j’ai le souvenir d’une entame catastrophique. On n’existe pas. 15-0 au bout de 20 minutes. Après, on fait jeu égal, on leur tient la dragée haute mais le mal était fait. Pour le moment, aucune équipe ne nous a battus deux fois cette saison. On ne veut pas ce que ça arrive. On est capable de les emmerder, de créer la surprise. » Ce sera le premier rendez-vous d’un sprint à quatre étapes, dont trois d’affilée (Vallons de La Tour, Le Puy et Givors) loin de leurs bases : « Ce dernier bloc de matches est difficile avec ces déplacements, c’est pourquoi on a essayé d’apporter de la fraîcheur, mais aussi de l’intensité. A quatre matches de la fin, on ne va pas dire que notre envie n’est pas de se qualifier, ce serait mentir. Ça va être une bataille à cinq équipes. Je n’ai jamais connu une bagarre aussi serrée pour la qualification depuis cinq ans que nous sommes en Fédérale 3. Si on l’obtient, ce sera une première dans l’histoire du club. »

