Fratries de rugby 1er épisode: les frères Gaillard

Alexandre Gaillard déjà dans ses oeuvres sous les couleurs du Haut-Pilat. Guillaume n’est pas très loin, au soutien, coiffé d’un casque. Inséparables, on vous dit! (photo fournie par les frères Gaillard)

Guillaume et Alexandre: deux gars qui ont toujours la banane et font l’unanimité! « Des crèmes » résume Clément Vidal (photo Léana Verrière)

Il n’est pas si courant de posséder dans ses rangs trois fratries. Le RCAB a cette singularité et cette chance. En effet, trois paires de frangins exercent leurs talents au sein du groupe senior : les Gaillard, les jumeaux Pandraud et les Soubeyrand. On va essayer de vous les faire découvrir à tour de rôle, avec pour commencer Alexandre et Guillaume Gaillard.
Alexandre, l’aîné, 21 ans, est en 3e année d’études à l’ENISE, la réputée école d’ingénieurs de Saint-Etienne et Guillaume, lui aussi en 3e année mais de médecine, n’ont pas leur pareil pour gagner du terrain. Rencontre avec ces deux charmants garçons que le coach Clément Vidal décrit ainsi : « Alex et Guillaume sont deux super mecs, de ceux que tu coches en premier sur une feuille de match. Ce sont des besogneux, de vrais travailleurs qui appliquent les consignes sans jamais rechigner. Tu aimerais avoir plus de gars dans leur genre. Et puis, ils ont toujours le sourire. Des crèmes en somme. »
Nul besoin non plus de faire un sondage parmi leurs coéquipiers. Ils font l’unanimité. Alexandre au poste de n°1 et toujours le premier à mettre la marche avant en équipe première. « Guigui », au coeur du pack de la réserve d’Excellence B, à gratter les ballons, à plaquer, à faire avancer son équipe. Un vrai couteau suisse, tout en fluidité. Ils ont beau être de gabarits différents, le massif Alex et le plus frêle Guillaume ont pourtant la même aptitude au combat, au duel d’homme à homme qu’ils ont appris, tout petits, sur les tatamis. Petit questionnaire à coeurs ouverts et sourires aux lèvres.

Vous êtes-vous sentis obligés de jouer au rugby parce que vous vous appelez Gaillard ?

Alexandre et Guillaume de concert – « (rires) Pas du tout! Gamin, on a commencé par pratiquer le judo – ils sont ceintures marrons tous les deux- et le rugby a pris le relais, au moment où le club de Marlhes, appelé le Haut-Pilat Rugby, a été créé. L’esprit d’équipe nous manquait. On a voulu essayer, ça nous a plu. Papa (Philippe) et Maman (Carine) se sont investis, l’un en tant que trésorier, l’autre comme éducatrice des jeunes. Les techniques de combat apprises sur les tatamis nous aident beaucoup sur les plaquages et quand on chute. On sait comment faire pour éviter de se faire mal.  Il y a dans le rugby cette idée de collectif, de partage. Au judo, tu es jugé uniquement sur ta propre performance. Parfois, c’est dur. »

Alexandre: « Plus le mec me rentre dedans,
plus ça me plaît (grand sourire) »

Vous jouez tous les deux devant. Alexandre pilier, Guillaume troisième ligne aile. Postes de prédilection ou non ?

Alexandre : « J’ai débuté à ce poste parce que j’étais costaud, je suis passé en 8 avant de retourner en 1 ! Ça me va…J’aime bien être dans le défi physique. Plus le mec me rentre dedans, plus ça me plaît (grand sourire) »
Guillaume : « Moi, mon tiercé, c’est 12-9-7 ! Ce sont des postes un peu plus technique… »
Alexandre : « Pilier, c’est vrai, ça demande moins de réflexion sur le jeu (rires)… »

« Alexandre avance tout le temps, le plus dur, c’est de le suivre » nous raconte Guillaume. Mais où sont donc passés ses partenaires? (photo Léana Verrière)

Comment vous vous décririez mutuellement ?

Guillaume : « Alex avance tout le temps, le plus dur, c’est de le suivre ! D’un autre côté, c’est très agréable d’être à son soutien, même s’il a une qualité de passe fluctuante (rires) »
Alexandre : «  Guigui est un gros défenseur, redoutablement efficace. C’est bluffant par rapport à son gabarit. Il devient de plus en plus un bon attaquant, tout ce qu’il fait est fluide. On n’est peut-être pas les plus forts au niveau du placement et sur le plan tactique, mais mentalement, on est costauds. »

Guillaume : « C’est fort quand on joue ensemble.
C’est plus facile car on se connaît par coeur »

Vous êtes très proches, le souci c’est que vous avez un an d’écart et que vous n’avez pas toujours joué ensemble chez les jeunes. C’est le cas encore cette saison, Guillaume joue en réserve, Alexandre en Une. Frustrant ?

Guillaume : « C’est fort quand on joue ensemble. C’est plus facile car on se connaît par coeur .  Jouer en réserve, ça me va bien. Il y a un bon groupe, On s’entend bien. Il y a moins de pression qu’en équipe fanion. Je privilégie mes études de médecine.»
Alexandre : « Dans un maul, tu sens qu’il est là. On a évolué ensemble en équipes de jeunes. La plus belle année, mon meilleur souvenir, est celle (en 2018) où on a remporté le challenge Sud-Est avec les copains, Aubin (Relave), Brice (Meyer) et tous les autres. Avec Loïc (Devis) et Stéphane Beaufils comme coachs. On s’est toujours bien entendu et aujourd’hui, on se retrouve ensemble en Une. »

Guillaume au-dessus du lot. Ce n’est pas qu’une image mais « Guigui » préfère rester dans l’ombre du collectif. (photo Léana Verrière)

Comment ça se passe, les debriefs de vos matches ?

Alexandre : « On en parle beaucoup le dimanche soir après le repas. On se met la pression (rires). »
Guillaume : « Alex regarde les vidéos de tous ses matches. Me concernant, il ne voit souvent que la première mi-temps car il doit aller se préparer à jouer ensuite. On a des débats sur les nouvelles règles, le plaquage à 2. On n’est pas d’accord. Papa nous fait aussi quelques remarques, on se fait un peu engueuler quand on rate des touches. »

Vos impressions sur la première partie de saison ?

Alexandre et Guillaume en choeur : « On est dans un vrai groupe. Avec des mecs qui s’éclatent en prenant du plaisir à jouer au rugby! »

Dernière question : on ne vous a jamais vu faire le coup de poing, c’est rare chez les avants ?

Alexandre : « ça, c’est l’éducation du Haut-Pilat ! Une générale, on ne savait pas ce que c’était en arrivant au RCAB. Maintenant, on sait mais j’y vais qu’en cas de force majeure, si un copain est en mauvaise posture… »
Guillaume : « Si on met un coup de poing, on se fait engueuler par le père. Je considère qu’un bon plaquage, ça fait plus mal au mental. Quand tu mets une poire à un gars, ça montre quelque part ton impuissance. »